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Pour En Savoir Plus Sur Nous...

  • Section de Toulouse-Languedoc d'Action française
  • Refondée en 2008 après une période d'hibernation par le Délégué régional de l'Action française dans le Grand Sud-Ouest Vincent Gaillère, la section de Toulouse & Haut-Languedoc rayonne sur la Haute-Garonne, le Tarn, le Tarn-et-Garonne, le Lot, l'Aude, l'Aveyron, l'Ariège et les Pyrénées-Orientales.
  • Refondée en 2008 après une période d'hibernation par le Délégué régional de l'Action française dans le Grand Sud-Ouest Vincent Gaillère, la section de Toulouse & Haut-Languedoc rayonne sur la Haute-Garonne, le Tarn, le Tarn-et-Garonne, le Lot, l'Aude, l'Aveyron, l'Ariège et les Pyrénées-Orientales.

Pas d'exclusive chez nous... sauf contre l'Anti-France!

Tout ce qui

est national

est nôtre.

Le Duc d'ORLEANS.

Vous Cherchez, Nous Trouvons!

"Que faire?" La réponse de Maurras!

"Pas de doctrine

sans action,

pas d'action

sans doctrine!"

(MAURRAS)

 

Archives Militantes De L'action Française-Toulousain Depuis 2007!

23 février 2015 1 23 /02 /février /2015 09:00

31 Lisez A.F

 

Dans un Midi rouge largement indifférent à la Contre-Révolution, la fédération interprovinciale du Grand Sud-Ouest de l'Action française et ses sections locales (Toulouse & Haut-Languedoc, Bordeaux & Basse-Guyenne, Pau & Pyrénées et Bayonne & pays basque) se doivent de redoubler d'efforts et d'inventivité pour diffuser l'idée royaliste chez nos contemporains à un âge de dépolitisation généralisée. La pensée de l'abbé de Genoude, royaliste plébiscitaire de l'époque de la Restauration et de la Monarchie de Juillet, devrait les y aider, comme on le verra plus bas dans l'article de l'historien Michel Vivier, paru naguère dans Aspects de la France  (l'actuelle Action Française 2000).

 

Bien que ses propositions audacieuses pour son temps n'aient pas été retenues  par notre école, il faut reconnaître que, dans la contrefaçon de monarchie qu'est la Vème République, elles ont été mises en pratique d'une manière assez efficace et durable pour le Pouvoir. Notez bien qu'on ne parle pas ici de compromissions électoralistes avec tel parti d'extrême-Droite ou autre R.B.M., hein!

 

Et si l'alliance de la Monarchie héréditaire du Comte de Paris, Duc de France, et de son fils aîné François, Comte de Clermont, avec le suffrage universel et la démocratie représentative était la clé du relèvement de notre Pays? Et si de cette alliance du Peuple et du Roi pouvait naître un plus grand bien? Le Prince a l'air de le  penser. Après tout, "Paris vaut bien une messe!", comme disait Henri IV! Ou un référendum! Nous, on dit ça, on dit rien... Aux contre-révolutionnaires de réfléchir... pour une fois!

 

A.F.-Toulouse & Haut-Languedoc

 

 

 

"L’Abbé de Genoude,

inspirateur de Lamartine

et pamphlétaire royaliste

 

 

"Il y a cent soixante ans naissait à Montélimar celui qui allait devenir le fameux abbé de Genoude. Fameux sous Louis-Philippe, mais bien oublié aujourd’hui, les rues de nos villes n’ayant pas perpétué son souvenir comme celui d’un Ledru-Rollin et de tous les ancêtres grands ou petits de nos hommes en place… Pour sembler moins curieux que le cas de Laurentie - qui, né le 21 janvier 1793, lutta toute sa vie contre les conséquences de ce jour funeste en mettant sa plume au service du roi légitime - le cas de Genoude ne laisse pas de mériter l’attention. Cet homme nouveau, venu au monde l’an I de la République et élevé dans l’esprit du XVIIIe siècle, devait se faire un nom en répudiant avec éclat les idées que sa jeunesse avait reçues. Traducteur de la Bible - cette Bible que Voltaire avait tant moquée - il fut l’inspirateur du Lamartine chrétien. Mais c’est dans la presse qu’il s’illustra surtout : après comme avant la révolution de 1830, il anima de sa verve la très royaliste Gazette de France et son entrée tardive dans les ordres ne le détourna pas du combat politique. En ce mois de vacances, où l’actualité politique nous presse moins, j’aimerais rappeler à grands traits la vie exemplaire de ce vieux maître oublié.

 

*

 

"Ses parent furent-ils cabaretiers, comme Larousse l’affirme ? Sortait-il d’une souche moins modeste et son anoblissement par Louis XVIII ne fera-t-il que consacrer l’ancienneté de sa maison ? Sur ses origines - comme sur celles de Rivarol - l’incertitude subsiste. Mais qu’importe ? Le jeune Eugène fut élevé comme les petits bourgeois d’alors. A Grenoble, où sa famille était venue s’installer, il apprit le latin et le grec - et chose plus rare : l’hébreu. Mais c’est Voltaire et les Encyclopédistes qui furent ses auteurs de chevet : ses professeurs ne juraient que par eux et leurs thèses avaient imprégné l’air du temps. Il l’écrira plus tard : « Je n’ai pas entendu un mot alors qui me donnât une idée des mystères et des preuves de la religion. La philosophie matérialiste du XVIIIe siècle régnait dans le gouvernement et dans les moeurs. Les hommes géométriques qui avaient alors la parole souriaient dédaigneusement quand ils prononçaient les mots : enthousiasme, religion... » Au temps de ses études de droit il s’éprend de Rousseau qui le libère partiellement de l’athéisme en lui révélant une certaine religiosité, vague et confuse encore. Lui aussi, promeneur solitaire, il parcourt à pied vallées et montagnes. Mais il ne se doute pas qu’il va trouver parmi les routes du Dauphiné son chemin de Damas. Un jour, s’arrêtant par hasard au presbytère de Saint-Ferjus, il s’entretient longuement avec le curé qui lui prête des livres : Bossuet, Fénelon, la Bible. Etranges nouveautés que ces « vieilleries » ! La lecture des livres saints l’illumine : « La Bible, dira-t-il, me mettait en commnication avec Dieu lui-même. » L’année suivante il part pour Paris et c’est dans une chapelle de Saint-Sulpice qu’à l’âge de dix-neuf ans il communie pour la première fois. Jour inoubliable : « C’est de là que date pour moi le désir de vouer ma vie au Sauveur. »

"Nommé grâce à Fontanes professeur au lycée Bonaparte, il emploie ses loisirs à tradure Isaïe. Mais les versets contre le roi Assur inquiètent la censure impériale et la traduction est interdite. C’est pour Génoude une raison supplémentaire d’applaudir à la chute de l’Empire. Pendant les Cent Jours, il passe en Piémont où il devient le secrétaire de M. de Polignac. A son retour il prend possession de Grenoble au nom de Louis XVIII et réussit à empêcher les troupes étrangères d’entrer dans la ville. La Restauration le nomme maître des requêtes au Conseil d’Etat et il commence à fréquenter les salons royalistes où il rencontre M. de Bonald. Sa traduction d’Isaïe a paru en 1815. Job et les Psaumes paraissent en 1818. L’année suivante, il fait ses premières armes de journaliste au Conservateur de Chateaubriand, sans cesser de poursuivre sa traduction de la Bible. Celle-ci, achevée en 1825, va connaître le plus vif succès. A en croire Lamartine, « M. de Genoude est le premier qui ait fait passer dans la langue française la sublime poésie des Hébreux : grâce à lui, l’expression, la couleur, le mouvement, l’énergie (de la Bible) vivent aujourd’hui dans notre langue. »

"Cet hommage-là n’était que trop juste. Dans un remarquable article paru naguère aux Etudes, M. Claudius Grillet a rappelé tout ce que Lamartine devait à Genoude (1). Sans doute s’étaient-ils rencontrés dès le printemps 1817, chez Mme Charles, à l’Institut ou dans les salons du duc de Rohan. Ils se lièrent bientôt d’amitié et Lamartine évoquant plus tard ce jeune homme qui traduisait la Bible : « il arrivait chez moi le matin - écrit-il - les épreuves de sa traduction à la main et je lui en faisais lire des fragments qui me révélaient une région plus haute et plus merveilleuse de la poésie. » Cette révélation fut capitale pour le jeune poète. Aux accents profanes du Lac et du Golfe de Baïa vont succéder de plus hautes « harmonies ». Comme l’écrit M. Grillet, Lamartine troque la guitare pour la harpe. « Les contemporains, ajoute-t-il, s’attendaient sans doute à retrouver dans ses vers un simple écho des Parny, des Chénier, des Millevoye, ou les variations connues sur l’amour et la mort. Or voici l’œuvre inattendue. Inattendue. Job y aura collaboré très largement. »

"Inspirateur des Méditations, Genoude en fut aussi le parrain et le préfacier. C’est lui qui leur trouva un éditeur et qui contribua le plus à leur succès triomphal dans la presse et dans les salons. Plus tard, c’est lui encore que Lamartine chargera de faire éditer les Nouvelles Méditations et la Mort de Socrate. C’est lui qui veille aux intérêts moraux et matériels du poète et M. Grillet l’appelle fort bien son « intendant littéraire ». Il fut en tout cas le modèle des amis et l’on comprend mal la réserve de Lamartine écrivant plus tard : « Nous nous liâmes d’une certaine amitié », ou plutôt on la comprend fort bien si on évoque la carrière politique des deux amis et si on oppose à l’évolution républicaine de Lamartine la fidélité légitimiste de M. de Genoude.

"Après la Révolution de Juillet, deux journaux seulement restèrent fidèles à la dynastie vaincue : la Quotidienne de Michaud, où vont s’illustrer Nettement et Laurentie, où Balzac écrira - et la Gazette de France, qu’assisté de Lubis et Lourdoueix, dirige M. de Genoude. Dans les années suivantes, la presse légitimiste s’enrichira de nombreux titres parmi lesquels il faut au moins citer La Mode, le spirituel hebdomadaire d’Edouard Walsh. Mais les deux organes que j’ai dits furent les seuls quotidiens de Paris à mener la lutte dix-huit années durant contre la dynastie nouvelle et les ministres du « Juste-Milieu ». Ni les rigueurs du pouvoir, ni ses appâts n’eurent raison de son intransigeance. Amendes et prisons ne leur furent pourtant pas épargnées, et M. de Brian, gérant de la Quotidienne se trouvait moins souvent dans son bureau, rue Neuve-des-Bons-Enfants, qu’en villégiature à Sainte-Pélagie. Quant à M. de Genoude, il fut même inculpé de complot contre la sûreté de l’Etat.

"D’accord sur l’essentiel, les deux journaux sont pourtant séparés par des nuances importantes. Sous la Restauration déjà, ils ont incarné au sein du parti ultra deux tendances opposées. La Gazette a soutenu sans réserve la politique de Villèle, tandis que Michaud et ses amis, jugeant ce ministre trop modéré, ont appuyé contre lui Chateaubriand, puis inspiré cette opposition d’extrême-droite qu’on appelle « la défection » ; quand arrivèrent aux affaires MM. de Polignac et La Bourdonnaye, ils purent croire un temps leurs idées au pouvoir. Genoude, au contraire, n’appuya que mollement Polignac. Après 1830, la Quotidienne refusant de jouer le jeu constitutionnelle représente à l’intérieur du parti la faction militaire, celle qui place tous ses espoirs dans un 20 Mars monarchique. La Gazette, elle, ne croit pas aux complots et s’efforce de convertir à la bonne cause une partie de ceux qu’avaient séduits les idées libérales ou « nationales » de l’ancienne opposition. Hostile aux jésuites et aux gens de cour, ne craignant pas les innovations, parlant un langage démagogique, la Gazette s’efforce de rallier la Jeune France au jeune Roi. Aussi s’insurge-t-elle quand les rédacteurs de la France, inspirés par le duc de Duras, nient la validité des abdications de Rambouillet et affirment qu’avant Henri V doit régner Louis XIX (2). Malgré Nettement qui démissionne, la Quotidienne ne proteste pas et l’on voit dans Lucien Leuwen ses lecteurs de Nancy faire des voeux pour le retour de Louis XIX.

"Avec l’échec des complots qui amène le parti à ne plus faire fi des armes légales, avec l’effacement du duc d’Angoulème qui fait d’Henri V le seul prétendant légitime, ces querelles s’apaiseront. Mais d’autres vont surgir et même quand les deux journaux fraternisent, la Quatidienne met volontiers l’accent sur l’autorité et la hiérarchie, tandis que la Gazette, pour rallier les gens de gauche, affirme que les royalistes sont plus que les libéraux favorables à la liberté. Comme le dit Mme de Genoude, de ces deux journaux qui propagent « la vrai foi », l’un est « l’apôtre saint Pierre », l’autre « l’apôtre saint Paul ». Mais dans son effort pour convertir « les gentils », M. de Genoude ne se contentera pas de multiplier à travers le territoire les Gazettes provinciales et de publier sans trêve des ouvrages et brochures de propagande. Il va fonder lui-même, au prix d’énormes sacrifices, un journal de gauche, La Nation, qui se produit sous les auspices de MM. Arago, Laffitte et Chateaubriand. L’accord de La Gazette et de La Nation, écrit Hatin (3), devait donner une image de la réconciliation du principe de liberté avec le principe d’autorité, ce qui fit dire que M. de Genoude, pour tout finir, avait mis sa main gauche dans sa main droite. Mais La Nation n’eut qu’une existence éphémère. Et La Gazette seule continua à prôner l’alliance carlo-républicaine et à protester au nom des droits de tous contre le Parlement censitaire.

"Telle fut en effet la grande idée de Genoude, celle qui le fit appeler « le Lamennais du royalisme » et qui fit interdire son journal dans la plupart des royaumes d’Europe : l’union du suffrage universel et de la monarchie légitime. Déjà au temps de la Chambre introuvable, les ultras avaient demandé que le cens électoral fut abaissé à 25 francs, tandis que les libéraux voulaient le maintenir à 300. En 1830 - Bainville l’a remarqué - il est fort probable que Charles X eut conservé son trône s’il eut accordé à tous les Français le droit de suffrage : les masses paysannes restées loyalistes eussent alors submergé de leurs votes la minorité ouvrière et bourgeoise hostile au gouvernement... En 1840, on disait de Genoude : « vous croyez donc la République nécessaire à la restauration d’Henri V ? » Maurras estime que le calcul n’était pas si faux. En 1850 comme en 1871, le suffrage universel créa une sorte de « démocratie blanche » qui faillit bien restaurer le Roi légitime.

"Où Genoude avait tort, c’est quand il souhaitait que le suffrage universel se prononçât régulièrement sur les grandes affaires de l’Etat. Qu’ils soient d’origine populaire ou privilégiée, les parlements, en France, ont toujours une action néfaste. S’il est juste que tous les citoyens, y compris les plus pauvres, fassent entendre leur voix dans tous les domaines où ils sont compétents, la haute politique doit rester le domaine exclusif du Roi. Détail piquant, ce promoteur du suffrage universel que le collège censitaire de Toulouse avait, en 1846, envoyé à la Chambre, ne réussit pas, en 1848, à se faire élire représentant du peuple. Il mourait l’année suivante, assez tard pour avoir applaudi à la chute de Louis-Philippe, trop tôt pour déplorer l’échec de la Restauration et le coup du 2 Décembre. Dans les derniers mois de sa vie, il avait pris pour secrétaire un tout jeune homme qui s’appelait Gustave Janicot. Et cinquante ans plus tard, Janicot accueillait à la Gazette un jeune qui s’appelait Charles Maurras. Ainsi se noue la chaîne...

"Il ne convient certes pas de mettre l’abbé de Genoude au rang des maîtres de la contre-révolution, car sa lucidité ne le garde pas toujours des erreurs romantiques et libérales de son temps. Lui aussi avait mieux lu Chateaubriand que Bonald. Il me plaît pourtant de saluer avec un affectueux respect la mémoire de ce chrétien et de rappeler à tous ceux qui poursuivent son combat l’exemple de son exemple et de sa fidélité."

 

 

(1) « Genoude et Lamartine » par Claudius Grillet, dans Les Etudes du 5 avril 1936.

 

(2) Cf. Edmond Biré : Alfred Nettement et la Presse royaliste de 1830 à 1850.

 

(3) Hatin : Histoire de la Presse en France (tome VIII).

Aspects de la France, 1952

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publié par la Section de Toulouse-Languedoc d'Action française - dans Etudes et documents d'Action française
6 février 2015 5 06 /02 /février /2015 09:00

En ces temps de centenaire de la Grande Guerre, nous donnons un article de notre Maître Pierre Pujo (+), qui réfute les arguties fallacieuses d'un historien à particule, volontiers reprises par la Droite conservatrice et réactionnaire, et par l'extrême-Droite européiste et identitariste, selon lesquelles, d'une part, depuis la Révolution dite française, il y aurait deux patries, deux France totalement étrangères et qu'à l'époque contemporaine, d'autre part, la France se serait "suicidée", une fadaise qui n'est pas sans rappeler celle en vogue actuellement du journaliste jacobin du Figaro Zemmour.

 

Cette thèse iconoclaste n'est qu'une vue de l'esprit qui aboutit en particulier à dévaluer la grandeur du sacrifice pendant deux Guerres mondiales de nos prédécesseurs sur notre terre, - dont M. de Viguerie serait bien incapable, - et qui a permis que nous soyons libres, - et non Boches! Elle exclue la politique et nie l'existence et la vigueur de la Nation! Les réflexions d'il y a dix ans de notre Maître, comme celles de Maurras, sont d'une justesse inégalée, elles n'ont pas vieilli et ne vieilliront pas, parce qu'elles sont, non prisonnières d'une idéologie ou montées sur de l'activisme, mais enracinées dans la méthode la plus scientifique qui soit en politique française: l'empirisme organisateur.

 

Vive donc Pujo et honneur à sa mémoire!

 

A.F.-Toulouse & Haut-Languedoc

 

"Il y a cinq ans, le professeur Jean de Viguerie publiait un ouvrage intitulé Les deux patries qui suscita la controverse. François-Marie Algoud lui répondit par un gros volume France notre seule patrie auquel je donnai une préface (Éditions de Chiré, 2001). Algoud et moi, nous contestions certaines thèses paradoxales de l’auteur, notamment sur Charles Maurras et les nationalistes français. Voici que Jean de Viguerie publie une nouvelle édition de son ouvrage mais sans répondre aux objections qui lui ont été faites. Celles-ci pourtant reposaient sur des faits et des textes qui montraient la fragilité des démonstrations du cher professeur, abusé par son esprit de système. Il nous faut donc reprendre notre controverse, car certaines des idées développées par Jean de Viguerie sont non seulement fausses mais dangereuses.

 

"L’auteur est en effet un spécialiste de l’histoire religieuse de la France à laquelle il a consacré de solides ouvrages. Il a aussi publié cette année sur Louis XVI une étude saluée par l’ensemble de la critique. À première vue il bénéficie de la part du public catholique d’un préjugé favorable. Il est d’autant plus important de mettre en garde celui-ci contre les affabulations et les commentaires tendancieux que contient son ouvrage sur Les deux patries où il oppose le patriotisme traditionnel et le patriotisme révolutionnaire.

 

"Attaques contre Maurras

 

"L’auteur dénonce justement le patriotisme idéologique exalté par la Révolution française. La patrie devint alors l’espace rassemblant tous les hommes partageant la même idéologie issue des Lumières. Elle se réduisit alors à un ensemble d’abstractions sanguinaires.

 

"Il est insensé, en revanche, de faire de Maurras un adepte de ce patriotisme révolutionnaire sous prétexte qu’il a placé la France avant tout et appelé tous les Français, quelles que soient leurs idées politiques, philosophiques et religieuses, à assurer les conditions de sa survie. La thèse de Jean de Viguerie conduit à une absurdité. Il déclare ainsi à notre confrère Rivarol, pour lequel Jérôme Bourbon l’a interviouvé en août dernier : « Le patriotisme révolutionnaire a tué la France. » Maurras, ayant selon lui adhéré au patriotisme révolutionnaire, aurait donc participé à l’assassinat de la France ?

 

"L’intérêt national dont Maurras a fait son critère pour juger les hommes, les politiques et les institutions, ne vient pas de l’héritage idéologique de la Révolution. Il est fondé sur l’idée d’une patrie qui existe indépendamment de l’idée que chacun de nous s’en fait. Dans son livre Votre Bel Aujourd’hui Maurras donne cette définition : « Une patrie, ce sont des champs, des murs, des tours et des maisons ; ce sont des autels et des tombeaux ; ce sont des hommes vivants, père, mère et frères, des enfants qui jouent aux jardins, des paysans qui font du blé, des jardiniers qui font des roses, des marchands, des artisans, des ouvriers, des soldats. Il n’y a rien au monde de plus concret... »

 

"Viguerie reconnaît cette vision concrète de la patrie chez Maurras, mais s’échine quand même durant des pages à vouloir démontrer le ralliement de celui-ci au patriotisme révolutionnaire. Pour Viguerie les nationalistes intégraux « combattent la démocratie et les droits de l’homme mais ils ne voient pas bien l’idéologie qui est derrière, ils ne visent ni l’utopie, ni la réduction de l’homme, ni la négation de l’être que cette idéologie contient, ils ne dénoncent pas l’attachement au néant qu’elle commande. » Il faut pas mal de prétention à Jean de Viguerie pour soutenir que Maurras n’aurait pas “bien vu” les conséquences et les méfaits du système de pensée issu de la Révolution.

 

"Mais voilà l’accusation majeure : Maurras avait adhéré au positivisme et au matérialisme à l’honneur au XIXe siècle. Mais le chef de l’Action française n’a-t-il pas maintes fois expliqué que la science politique ne s’opposait pas à la tradition catholique, mais venait au contraire la conforter.

 

"...Contre les catholiques aussi

 

"Il est paradoxal qu’après avoir reproché à Maurras d’avoir une doctrine trop laïque, Viguerie s’en prenne aux catholiques du début du XXe siècle coupables d’avoir exalté un patriotisme qui, selon lui, correspondait aux vœux des dirigeants républicains d’alors (lesquels étaient au contraire, pour une bonne part d’entre eux internationalistes et pacifistes). Plût au Ciel qu’aujourd’hui le patriotisme soit encore enseigné dans les catéchismes !

 

"Jean de Viguerie confond la patrie réelle et l’idée que les hommes s’en font. Que dans le monde des idées pures, la conception traditionnelle de la patrie et la conception révolutionnaire soient incompatibles, nous en convenons volontiers. Mais dans les faits, une multitude d’hommes ont mélangé les deux notions, cumulant l’attachement à la patrie charnelle et les “grues métaphysiques” léguées par la Révolution.

 

"C’est pourquoi il est insensé de tourner en dérision comme le fait Viguerie, la « religion de la Patrie » et de condamner “l’Union sacrée” réalisée en 1914. Contrairement à ce qu’il soutient, la guerre déclenchée par l’orgueil allemand n’était pas une guerre révolutionnaire, à la différence de la guerre de 1792. La France était envahie. Il fallait la défendre sous peine de subir la loi humiliante du vainqueur. Les Français ont fait taire leurs divergences idéologiques et politiques pour courir aux frontières. Ils n’ont pas été « trompés », n’en déplaise à M. de Viguerie; la patrie, la patrie charnelle, était réellement en danger.

 

"Et qu’importe que les gouvernements républicains aient alors parlé de « la guerre du Droit » tandis que le clergé exaltait la France chrétienne menacée. Les uns et les autres motivaient les combattants à leur façon. Reprochera-t-on à Maurice Pujo mobilisé en 1915 d’avoir un jour entonné la Marseillaise dans un train de soldats – sensiblement plus jeunes que lui – qui montaient au front et “n’avaient pas le moral” ? Jean de Viguerie pousse un peu trop loin l’indécence en se moquant des formules parfois excessives par lesquelles les Français exprimaient alors leur patriotisme. Il ne voit que l’écume des choses et se laisse abuser par les mots au lieu de considérer la réalité du conflit.

 

"Les propos de Viguerie confinent même au blasphème. Ainsi, dans son interviouve à Rivarol, déclare-t-il à propos de l’Alsace et de la Lorraine : « On peut se demander s’il fallait faire tuer un million trois cent cinquante trois mille hommes pour les récupérer ». Il soutient que « les Alsaciens-Lorrains n’ont pas tellement souffert sous l’administration allemande, les catholiques notamment ». Ils ont jadis fait partie du Saint-Empire et pouvaient demeurer au sein du nouvel Empire allemand...

 

"Viguerie oublie que redevenir français c’était quelque chose de capital pour nos compatriotes arrachés de force à la mère-patrie en 1871 ! Viguerie observe que le patriotisme révolutionnaire conduit de nos jours à dissoudre la France dans le mondialisme. Nous en convenons volontiers. L’idéologie des Droits de l’Homme et de la Démocratie ne reconnaît pas les frontières. Mais ce que refuse de voir l’auteur c’est que l’Action française, en dégageant le patriotisme de l’idéologie, lui confère des assises plus solides et plus de force dans ses manifestations.

 

"Mise en garde

 

"À vrai dire, Jean de Viguerie est obsédé par l’idée que la France est « morte » et s’essouffle à chercher à le démontrer. Maurras, au contraire, est un professeur d’espérance. Tout au long de sa vie, il n’a pas cessé d’enseigner à ses contemporains les moyens de servir la France car, malgré les épreuves subies, il croyait comme Jacques Bainville (pourtant pessimiste de nature), que « pour les renaissances il est toujours de la foi ».

 

"L’autre divergence fondamentale entre Viguerie et Maurras, c’est que le premier ne croit plus à la nécessité de l’action politique tandis que le second démontre la place essentielle du politique dans les sociétés humaines. Dans l’avant-propos de son livre, Viguerie témoigne d’une effarante naïveté : « On ne peut, nous avait-on dit, exister sans le politique. Mais n’existons-nous pas ? En tout cas cette génération se prépare à se passer de lui ».

 

"Pour l’auteur, il faudrait défendre notre héritage de civilisation, se protéger à tout moment « contre l’avilissement des mœurs et la désagrégation générale de la société » [...] « Prier, étudier, servir nos proches, secourir les malheureux, cultiver l’amitié... » Noble idéal. Mais comment Viguerie pourra-t-il le pratiquer si la cité n’est pas défendue, si elle est livrée aux démagogues, si elle est asservie à un pouvoir étranger, comme elle en est menacée actuellement avec le projet de constitution européenne ?

 

"Viguerie prône la désertion devant le combat politique essentiel. Nous ne saurions trop mettre en garde les catholiques, auxquels il s’adresse et qui comptèrent longtemps parmi les meilleurs défenseurs de la Patrie. Devant l’urgence, il faut rassembler tous les patriotes fussent-ils imprégnés d’une idéologie démocratique défraîchie pour sauvegarder une France aujourd’hui en grand péril et dont la survie importe plus que toutes les idéologies.

 

Source: Pierre Pujo, L'Action Française 2000 - 7 octobre 2004

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publié par la Section de Toulouse-Languedoc d'Action française - dans Etudes et documents d'Action française
9 décembre 2012 7 09 /12 /décembre /2012 09:00

Dans l'article que l'on lira ci-dessous, paru dans L'Action Française 2000 n° 2722 du 5 avril 2007, peu de temps avant sa mort, notre Directeur Pierre PUJO, nous donnait quelques pistes pour définir les différents emplois du terme, utilisé à tort et à travers, d'"identité". On y verra que la Nation française est pluricontinentale, pluriraciale, pluriculturelle et pluriconfessionnelle, si ses origines sont gréco-latines et chrétiennes. Toute autre conception est une négation du réel, qui doit servir de base à une politique authentiquement nationale. A l'heure où certains infiltrés, qui se réclament abusivement de l'A.F. et la feraient dévier vers la politique politicienne, tentent de faire une alliance alimentaire avec des partis et des groupuscules "à la droite de la Droite" parlementaire, dans l'espoir fallacieux d'exister médiatiquement, il est bon de rappeler que notre école de pensée est toujours féconde et qu'elle est distincte des allégeances serviles et des raccourcis de ces fantoches.

 

A.F.-Toulousain

 

A.F. 2000 2722 Fondements ident nat

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publié par la Section de Toulouse & Haut-Languedoc - dans Etudes et documents d'Action française
15 octobre 2012 1 15 /10 /octobre /2012 08:00
A l'occasion du tricentenaire de la naissance de Rousseau, on trouvera ci-dessous, telle qu'elle est parue dans un mensuel catholique conservateur, Monde & Vie (n° du 16 juin 2012), l'une des rares gloses de la pensée de Maurras sur Jean-Jacques Rousseau qui soit conforme à la vérité. Le titre et les intertitres sont de la Rédaction du blogue.
 
A.F.-Grand Sud-Ouest
 
4 Piliers Fédération
 
 
"Les penseurs contre-révolutionnaires se sont appliqués à critiquer les théories rousseauistes dès le commencement du XIXème siècle, avec notamment Joseph de Maistre et Louis de Bonald. Au siècle suivant, Maurras prolongea l'attaque dans un texte célèbre, le début de La Politique naturelle (1), en opposant à l'utopie rousseauiste les évidences les plus concrètes.
 
Riposte à Rousseau et à son Contrat social
 
"Rousseau n'y est pas nommé, mais le début du texte maurrassien montre qu'il s'agit bien d'une réponse au Contrat social. Le livre de Rousseau s'ouvre par cette déclaration : « L'homme est né libre, et partout il est dans les fers. » Celui de Maurras s'ouvre sur ce constat : « Le petit poussin brise sa coquille et se met à courir. Peu de choses lui manque pour crier : "Je suis libre... " Mais le petit homme ? Au petit homme, il manque tout. » « Il est né. Sa volonté n'est pas née, ni son action proprement dite. Il n'a pas dit "Je" ni "Moi", et il en est fort loin, qu'un cercle de rapides actions prévenantes s'est dessiné autour de lui. Le petit homme presque inerte, qui périrait s'il affrontait la nature brute, est reçu dans l'enceinte d'une autre nature empressée, clémente et humaine : il ne vit que parce qu'il en est le petit citoyen. »
   

 

Une inégalité

protectrice et bienfaisante

 
"C'est par là que Maurras discute le principe d'un contrat social originel. Non seulement l'homme n'est pas libre lorsqu'il naît au sein de cette société déjà constituée, mais loin de pouvoir prétendre à aucune forme d'égalité, il bénéficie sans réciprocité d'une inégalité protectrice : « à la première minute du premier jour, quand toute vie personnelle est fort étrangère à son corps (...), il attire et concentre les fatigues d'un groupe dont il dépend autant que de sa mère lorsqu'il était enfermé dans son sein. » Ce groupe « auquel il participe est parfaitement pur de toute égalité : aucun pacte possible, rien qui ressemble à un contrat. Ces accords moraux veulent que l'on soit deux. Le moral de l'un n'existe pas encore. On ne saurait prendre acte en termes trop formels, ni assez admirer ce spectacle d'autorité pure, ce paysage de hiérarchie absolument net. »
 
"En conséquence, conclut Maurras, « personne ne s'est trompé autant que la philosophie des "immortels principes", quand elle décrit les commencements de la société humaine comme le fruit de conventions entre des gaillards tout formés, pleins de vie consciente et libre, agissant sur le pied d'une espèce d'égalité, quasi pairs sinon pairs, et quasi contractants, pour conclure tel ou tel abandon d'une partie de leurs "droits" dans le dessein exprès de garantir le respect des autres. »
 
"Rousseau n'est toujours pas nommé, mais il est évidemment ciblé. Contre l'utopie, Maurras, fidèle à sa méthode, en appelle aux faits, qui « mettent en pièce et en poudre ces rêveries. La Liberté en est imaginaire, l'Égalité postiche. »
 
Les rêveries rousseauistes:
l'individualisme canonisé
 
"Les défenseurs de Rousseau répondent que la première phrase du Contrat social, affirmant que l'homme est né libre, n'est pas à prendre au pied de la lettre : pour Benjamin Barbier, elle « ne signifie pas que l'homme est né libre par nature et que la société l'asservisse. Elle signifie plutôt que la liberté naturelle est une abstraction, tandis que la dépendance est la réalité humaine concrète. Le but de la politique n'est donc pas tant de préserver la liberté naturelle, mais de rendre la dépendance légitime par la citoyenneté et d'établir la liberté politique grâce à la communauté démocratique. »
 
"La question est importante, car elle permet d'appréhender l'anthropologie rousseauiste.
 
"Le chapitre II du Contrat contribue à y voir plus clair. L'auteur du Contrat social y admet que « la plus ancienne de toutes les sociétés et la seule naturelle est celle de la famille. » Mais c'est pour y introduire aussitôt le germe de la lutte pour le pouvoir et l'indépendance : « Encore les enfants ne restent-ils liés au père qu'aussi longtemps qu'ils ont besoin de lui pour se conserver. Sitôt que ce besoin cesse, le lien naturel se dissout. Les enfants exempts de l'obéissance qu'ils devaient au père, le père exempt des soins qu'il devait aux enfants, rentrent tous également dans l'indépendance. S'ils continuent de rester unis ce n'est plus naturellement, c'est volontairement, et la famille elle-même ne se maintient que par convention. »
 
Egoïsme rousseauiste
contre générosité maurrassienne
 
"Il n'est ici question que d'intérêt personnel, d'autorité, de pouvoir : « La famille, poursuit Rousseau, est donc si l'on veut le premier modèle des sociétés politiques ; le chef est l'image du père, le peuple est l'image des enfants, et tous étant nés égaux et libres n'aliènent leur liberté que pour leur utilité. » Cette société politique vaut à peine mieux que les autres : « Toute la différence est que dans la famille l'amour du père pour ses enfant [quand même !] le paye des soins qu'il leur rend, et que dans l'Etat le plaisir de commander supplée à cet amour que le chef n'a pas pour ses peuples. »
 
 
"On remarquera que dans la famille rousseauiste, il manque la mère, qui est au contraire présente dans celle de Maurras : « Contrairement aux grandes plaintes du poète romantique, la lettre sociale, qui paraît sur l'épaule nue, n'est pas écrite avec le fer, écrit celui-ci. On n'y voit que la marque des baisers et du lait : sa Fatalité se dévoile, il faut y reconnaître le visage d'une Faveur. »
 
"Le contrat existe aussi chez Maurras, car « Il faut s'associer pour vivre. Pour bien vivre, il faut contracter. »
 
"Mais il se noue au sein d'une société ordonnée et non pas tyrannique. Et il n'est pas surprenant que de ces conceptions si différentes du contrat social soient issues deux conceptions tout aussi différentes de la société : le citoyen contractant de Rousseau se trouve en définitive seul en face de l'État (c'est d'ailleurs pourquoi le Genevois récuse jusqu'au principe de la représentativité, au bénéfice d'une démocratie directe).
 
"Le contrat maurrassien, au contraire, est construit sur l'association, et l'individu trouve sa place au sein d'un ordre échafaudé sur des sociétés naturelles protectrices."
 
(Source: article d'Hervé Bizien, Monde & Vie, 16 juin 2012.)
 
(1) Préface au recueil Mes Idées politiques, 1937. 
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3 septembre 2012 1 03 /09 /septembre /2012 08:00

4 Piliers Fédération

 

A l'orée de la rentrée politique 2012-2013, il ne semble pas inutile de rappeler aux patriotes en général et aux royalistes d'Action française en particulier la valeur respective des deux tactiques (celle de parti et celle de cause) que l'on peut adopter pour faire triompher un projet de Société, telles qu'elles étaient appréciées par Maurras au début du siècle dernier: il s'agissait alors, pour l'Action française naissante, de sortir le royalisme de l'ornière mondaine des clubs et des chapelles, pour en faire une doctrine de terrain, de plein air! Cent ans après, le même travail serait-il à recommencer? Le dilemne est pourtant clair:

 

- Ou vivre du berceau à la tombe comme un exilé dans propre patrie, avec la nostalgie d'un Age d'Or mythifié, comme le font certains groupuscules d'extrême-droite, bien-pensants ou conservateurs, et donc frapper de stérilité sa pensée et son action;

- Ou se confronter franchement à la réalité d'une France déracinée, mais bien vivante, attitude éminemment responsable et positive, et rayonner au-delà de nos cercles habituels.

 

Pour sa part, la section de Toulouse & Haut-Languedoc de l'Action française, à l'aide de toutes les bonnes volontés, a choisi: ouverte sur les faits, elle oriente sa propagande en direction du pays réel, dans toute sa bigarrure! 

 

« Il y a deux tactiques. La première est de s’isoler, de se retrancher, de faire un parti aussi fermé que possible : n’écrire que dans nos journaux, ne parler que dans nos comités, ne connaître que nos amis politiques. Cela passe pour honorable. Je n’ai pas encore compris ce qu’il peut y avoir d’honorable à vivre dans sa patrie comme un émigré. Cette tactique de partis qui n’a jamais porté bonheur aux royalistes, puisqu’elle ne permet de prêcher que des convertis, est d’essence républicaine. Des hommes qui veulent en finir avec le gouvernement des partis doivent s’adresser à toute la France, prolétaire ou possédante, conservatrice ou révolutionnaire. La tactique des partis ne nous convient pas. La tactique de cause, celle qui permet aux tenants d’une idée ferme, d’une doctrine invariable, d’un principe lié, organisé, vivant et conquérant d’aller et de prêcher partout, nous a constamment réussi. »

 

(Action Française mensuelle, 1904.)

 

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14 juillet 2012 6 14 /07 /juillet /2012 08:00

Drapeau français

 

On lira ci-après un texte de Maurras, écrit sous l'Etat français, résumant l'attitude politique que les royalistes conscients et organisés doivent avoir à l'égard de la fête nationale du 14-Juillet et de La Marseillaise: Toute hostilité à l'égard de ce qui est devenu une grande fête populaire serait malvenue, répandre la vérité sur l'origine révolutionnaire et la place réelle de ces symboles nationaux dans notre histoire millénaire suffit à unir les Français de bonne foi. Cependant, il serait fou de nier que le Drapeau tricolore, et même l'hymne national, en dépit de ses paroles vengeresses, ont cessé depuis bien longtemps d'être des signes diviseurs pour servir à conforter le patriotisme naturel des Français. Ne les négligeons pas!

 

A.F.-Toulouse & Haut-Languedoc 

 

 

« Un gouvernement national et social, – aussi clairement national que social, – devait juger difficile et pénible de priver le monde ouvrier de la journée de repos dont l’habitude avait été prise au 14 juillet : c’est ainsi, selon moi, que doit être compris et expliqué le maintien de cette « fête légale », bien qu’il n’y eut rien à fêter dans l’anniversaire sanglant qui ouvre une longue série de guerres civiles et étrangères, dont la France a tiré toute la chaîne de ses malheurs.

 

 

« Mais, si explicable et si naturelle que soit la concession gouvernementale, on s’explique moins bien, et l’on serait même porté à juger durement, l’énorme paradoxe (…) qui dénomme la vieille férie du régime disparu comme « le grand jour où le peuple français sut trouver son unité dans l’affirmation de son libre destin ». Quand le libre destin a abouti, par l’invasion, à la perte de l’indépendance nationale, quand cette unité s’est traduite en un siècle et demi de mortelles compétitions autour d’un pouvoir de plus en plus mal exercé, il devrait être fait appel à quelque réflexion avant de se ruer aux phrases toutes faites et aux clichés menteurs.

 

 

« La même note continue par l’éloge de « la Marseillaise », il paraît que « la Marseillaise » a duré parce qu’elle avait jailli de la poitrine du peuple. On croyait, généralement, qu’elle avait jailli de la poitrine de Rouget de Lisle, chez Dietriech à Strasbourg. Et l’on expliquait le succès du chant par la beauté de la musique et l’énergie de la plupart de ses strophes, dont la plus belle, que l’on nomme communément la strophe du Maréchal, est d’ailleurs celle qui n’offensant aucune des convenances du patriotisme et de l’union civile, répond à toutes leurs nécessités, car « la liberté chérie » y signifie l’indépendance devant l’Etranger : « Amour sacré de la Patrie ».

 

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1 juin 2012 5 01 /06 /juin /2012 08:00

On sait que dans le régime de la monarchie héréditaire la valeur personnelle du souverain n’a qu’une importance secondaire. Comme l’a bien vu Ernest Renan, les bienfaits de ce régime tiennent à la nature de l’institution beaucoup plus qu’aux qualités des hommes.

 

Rappelons rapidement les avantages propres de cette institution :

 

Le Roi n’est pas l’homme d’un parti ; il lui est non seulement possible, mais facile d’être au-dessus de tous les partis. Il ne tient pas ses pouvoirs de l’élection, il ne dépend pas de l’opinion publique : il peut donc prendre, même contre l’opinion publique, les décisions que nécessite l’intérêt national.

 

Le Roi n’a pas sa fortune à faire. Le Roi est indépendant du pouvoir de l’or, véritable souverain en régime électif, puisque les élections dépendent de l’opinion publique, que l’opinion publique est faite par la presse et que la presse dépend des puissances financières. La preuve est faite que démocratie égale ploutocratie.

 

Le Roi a pour lui la durée, et, parce qu’il a la durée, il peut concevoir et mener à bien des projets à longue échéance, auxquels ne peuvent même songer les dirigeants éphémères de la République.

Si léger soit-il, le monarque héréditaire calcule la portée de ses actes et de ses paroles, car il sait que lui-même, son fils et son petit-fils en supporteront les conséquences lointaines.

 

En monarchie, aucune difficulté pour la transmission du pouvoir : à peine le Roi a-t-il rendu le dernier soupir que son successeur est intronisé sans contestation : « Le Roi est mort : Vive le Roi ! » Cette vieille formule exprime admirablement cette continuité, premier bienfait de la monarchie héréditaire.

 

L’intérêt national est l’intérêt personnel du Roi. Or tout individu, si peu doué qu’il soit de jugement et d’intelligence, voit cependant très clair quand il s’agit de son intérêt personnel, si bien que le Roi, aussi médiocre qu’on le suppose, en poursuivant son intérêt personnel, sert en même temps l’intérêt national, et si, par suite d’une erreur de jugement ou sous l’influence d’un mauvais conseil, il vient à commettre une erreur, il est ramené plus promptement que personne dans le droit chemin.

 

Voilà quelques uns des avantages inhérents à la monarchie héréditaire. Il est bien évident d’ailleurs que les bienfaits de l’institution sont multipliés par la valeur personnelle du monarque.

 

Le premier de ces bienfaits apparaît dans le choix des ministres : on sait comment se fait ce choix en République démocratique : l’homme politique qui est chargé de former un ministère n’a qu’une seule préoccupation : donner satisfaction au plus grand nombre possible de députés et de sénateurs, de façon à s’appuyer sur une forte majorité. Le Roi, au contraire, sera naturellement porté à choisir les hommes les plus sérieux, les plus laborieux, les plus sûrs, les plus aptes à mener les affaires de l’Etat, qui sont ses propres affaires. Le souci de son intérêt personnel sert merveilleusement l’intérêt national et de même pour tout le reste. Le Roi a intérêt à ce que l’ordre, la paix, la concorde règnent entre les citoyens. Il a intérêt à ce que la nation soit forte, et c’est aussi l’intérêt de la nation.

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11 novembre 2011 5 11 /11 /novembre /2011 09:00

Nous reproduisons ci-après, à titre documentaire, une étude impartiale et décisive de Jacques Cognerais, parue dans Le Choc du Mois, en février 2009. Elle montre implicitement toute la différence qu'il y a du nationalisme évolué de l'Action française au racisme sommaire des identitaristes: de l'A.F. au B.I., l'homme français ne monte pas, il descend.

 

A.F.

 

Insigne Ligue 3 

 

 

Le nationalisme français traditionnel, tel qu'il fut notamment théorisé par Charles Maurras, a tout au long du XXe siècle rejeté vigoureusement le racisme. Parce que celui-ci est perçu, dans ce courant ce pensée, comme totalement étranger à ce qui a fait la France.

«Si le racialisme de Gobineau n'a pas fait école en France », écrit Pierre-André Taguieff, c'est notamment du fait « de l'incompatibilité du nationalisme français, incarné par l'Action française (fondée en juin 1899), avec toute forme de matérialisme biologique »(1). Charles Maurras, en effet, traitait volontiers le comte de Gobineau, père du racialisme, de «Rousseau gentillâtre» ou de «stupide et indigne Français», selon l'humeur mais avec une belle constance. Selon le défenseur du nationalisme intégral, la pensée de Gobineau était en ce domaine pénétrée de germanisme et d'esprit allemand. Comme il l'écrira le 10 octobre 1926 dans son journal L'Action Française : «Nous sommes des nationalistes français. Nous ne sommes pas des nationalistes allemands. Nous n'avons aucune doctrine qui nous soit commune avec eux. Toutes les falsifications, tous les abus de textes peuvent êtres tentés : on ne fera pas de nous des racistes ou des gobinistes.»(2)

 

 
« Le racisme répugne à l'esprit français »

(J.-P. Maxence) 
 

En 1937, se félicitant de l'encyclique du pape Pie XI Mit brennender SorgeAvec une vive inquiétude») condamnant le national-socialisme, Maurras parlera du racisme comme de son «vieil ennemi», rappelant que «dès 1900, ses maîtres français et anglais, Gobineau, Vacher de Lapouge, Houston Chamberlain, avaient été fortement signalés par nous à la défiance des esprits sérieux et de nationalistes sincères».

Effectivement, quand, en juin 1900, Jacques Bainville (qui n'a que vingt-et-un ans) avait recensé avec un peu trop de complaisance le livre de Vacher de Lapouge, L'Aryen, son rôle social, dans la Revue grise d'Action française, Maurras avait tancé son jeune compagnon, le mettant en garde contre les « rêveries de race pure».

 

Bainville 1936  Jacques Bainville: c'est autre chose

que Guillaume Faye (photo D.R.)

 

Cette condamnation radicale du racisme par le chef du néo-royalisme français fera des émules chez les nationalistes français. Notamment dans la génération des non-conformistes des années 1930. En mai 1933, au lendemain de la victoire électorale d'Hitler en Allemagne, Thierry Maulnier écrit dans L'Action Française: « Le racisme et l'étatisme ne peuvent correspondre qu'à des sociétés imparfaites. Une société dans laquelle la civilisation a atteint ses sommets les plus rares ne peut se contenter de telles significations, l'édifice des valeurs les plus aristocratiques ne saurait abriter ces religions grossières, dont la pauvreté spirituelle n'a d'égale que la malfaisance et la stérilité.»(3) Dans le même temps, son ami Jean-Pierre Maxence pousse un cri du cœur : « Le racisme, écrit-il dans La Revue du Siècle, répugne à l'esprit français. Il y a dans le nationalisme français des valeurs universelles et assurées qui se refusent à toute attitude agressive ou impérialiste.»(4) On ne peut pas faire plus clair.

« Vacher de Lapouge ne me semble

devoir intéresser

que les éleveurs»

(P. Boutang) 

 

Exilé volontaire au Brésil, l'ancien camelot du Roi Georges Bernanos écrit en décembre 1940 dans un article repris dans Le Chemin de la Croix-des-Ames: «Je ne méprise nullement l'idée de race, je me garderais plus encore de la nier. Le tort du racisme n'est pas d'affirmer l'inégalité des races, aussi évidente que celle des individus, c'est de donner à cette inégalité un caractère absolu, de lui subordonner la morale elle-même, au point de prétendre opposer celle des maîtres à celle des esclaves.»(5) Et le romancier catholique d'opposer la richesse des nations à l'archaïsme des races. Maurras allait encore plus loin : ne disait-il pas volontiers qu' «aucune origine n'est belle»? Il ajoutait: «La beauté véritable est au terme des choses.»(6)

L'un des principaux héritiers intellectuels de Maurras, le métaphysicien Pierre Boutang, n'est pas en reste quand il affirme en 1949 dans son pamphlet La République de Joinovici : « Je ne suis pas raciste. Le comte de Gobineau m'ennuie quand il n'est pas romancier. Vacher de Lapouge ne me semble devoir intéresser que les éleveurs ; j'ai une autre idée que Rosenberg de l'homme, cet être étonnant entre tous, qui qui vit dans les cités, mais dans sa solitude, modèle son rapport à Dieu.»

Au racialisme pessimiste d'un Gobineau, à l'eugénisme d'un Georges Vacher de Lapouge, le nationalisme français a opposé une conception de la nation forgée par l'histoire, affirmant que la lutte des races ne valait pas mieux que la lutte des classes. N'en déplaise aux antiracistes falsificateurs qui voudraient inscrire Maurras dans la généalogie intellectuelle du racisme, ou à quelques autres qui voudraient annexer la pensée du Martégal.
 

 

J.C.

 

Notes:

 

 

 

1. Pierre-André Taguieff, La Couleur et le Sang, Mille et Une Nuits, 2002.
2. Charles Maurras, Dictionnaire politique et critique, tome III.
3. Thierry Maulnier, in L'Action Française du 30 mai 1933.
4. Jean-Pierre Maxence, in La Revue du Siècle, mai 1933.
5. Georges Bernanos, « Race contre nation », in Essais et écrits de combats Il, Gallimard, 1995.
6. in Anthinéa : d'Athènes à Florence, 1901.

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1 octobre 2009 4 01 /10 /octobre /2009 07:00

L’Action française s’adresse au patriotisme, quand il est conscient, réfléchi, rationnel.

 

Fondée en 1899, en pleine crise politique, militaire et religieuse, l’Action française s’inspirait du sentiment nationaliste : son œuvre propre fut de soumettre ce sentiment à une discipline sérieuse.

 

« Un vrai nationaliste, posa-t-elle en principe, place la Patrie avant tout ; il conçoit donc, il traite donc, toutes les questions politiques pendantes dans leur rapport avec l’intérêt national.

 

« Avec l’intérêt national, et non avec ses caprices de sentiment.

 

« Avec l’intérêt national, et non avec ses goûts et ses dégoûts, ses penchants ou ses répugnances.

 

« Avec l’intérêt national, et non avec sa paresse d’esprit, ou ses calculs privés, ou ses intérêts personnels. »

  

En se pliant à cette règle, l’Action française fut contrainte de reconnaître la rigoureuse nécessité de la Monarchie dans la France contemporaine.

 

Etant donné la volonté de conserver la France et de mettre par-dessus tout cette volonté de salut, il faut conclure à la Monarchie ; l’examen détaillé de la situation démontre en effet qu’une Renaissance française ne saurait avoir lieu qu’à cette condition.

 

Si la restauration de la Monarchie parait difficile, cela ne prouve qu’une chose : la difficulté d’une Renaissance française.

 

Si l’on veut celle-ci, il faut aussi vouloir celle-là.

 

L’Action française voulait ceci et cela, elle devint donc royaliste. Chacun de ses numéros, depuis lors, tendit à faire des royalistes.

 

Les anciens royalistes eurent plaisir à se voir confirmer, par des raisons souvent nouvelles, dans leurs traditions et leur foi.

 

Mais l’Action française visa plus particulièrement ces patriotes qui sont tout enlisés encore dans le vieux préjugé démocratique, révolutionnaire et républicain : elle dissipe ce préjugé anarchiste, et, du patriotisme rendu plus conscient, elle exprime et fait apparaître le royalisme qui s’y trouvait implicitement contenu. Beaucoup de républicains ont été ramenés ainsi à la royauté. Bien d’autres y viendront si l’Action française est mise en état de les atteindre et de les enseigner.

 

Au nom des résultats acquis, en vue des résultats possibles, l’Action française demande à tous les royalistes, anciens ou nouveaux, un concours ardent, dévoué, incessant.

  

(Revue d’Action française, 1er août 1905.)

 

 

 

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3 août 2009 1 03 /08 /août /2009 08:00

Nous donnons ci-dessous une définition qui, moins connue que celle de Joseph de Maistre, mais plus récente (elle date des années 1950), vaut d'être méditée par nos amis, nous en soulignons plus bas tout l'intérêt:

"La contre-révolution n’est pas une lamentation ; elle ne consiste pas à vitupérer l’esprit moderne et à s’insurger contre les faits. Il faut même admettre qu’elle contient la seule explication des faits modernes et révolutionnaires, qu’elle en contient la raison. S’il est un postulat de la contre-révolution, postulat pour la volonté et l’espérance, indépendant de sa vérité comme méthode et corps de doctrine, il tient en ceci : le mouvement révolutionnaire et libéral (dit moderne) n’est pas un mouvement continu, ni en voie de prolongement ; dans le développement même de la "civilisation" qu’il développe se trouvent donnés les conditions de la contre-révolution."

 
Les camelots du Roi "à M. Maurice Pujo". (Photo D.R.)

(Pierre BOUTANG, in Les Abeilles de Delphes, éditions des Syrtes, 1999, p. 433. Disponible à nos locaux.)

Commentaire: Pierre Boutang a raison de fustiger une tendance, trop répandue à droite, à se croire impuissant face au flot révolutionnaire. Avec une doctrine vraie, on est prêt à tout, on peut saisir toutes les opportunités politiques que la Révolution, dans sa marche antinaturelle, ne manque pas de donner à un peuple aussi intelligent que le nôtre. Sans doctrine, on court aux pires aventures, on s'expose aux pires déconvenues.

Que la Société moderne soit, à bien des égards, une dissociété, une contre-culture, une "culture de mort", issues de Mai-68, personne ne saurait songer à le contester sérieusement. Cependant, en dépit des assauts de l'esprit subversif, le pays réel, "qui travaille et ne politique pas", demeure; l'histoire contemporaine de la France est celle de sa résistance continuelle aux puissances de mort que la démocratie démultiplie.

C'est donc d'abord à cette dernière, pas seulement à ses conséquences les plus visibles, qu'il faut s'attaquer; la leçon d'espérance que Boutang nous enseigne, c'est que c'est dans les ressources inépuisables du pays réel que nous devons puiser les forces humaines et les instruments de la Victoire. Dans cette démarche empirique, il n'y a là pas de paradoxe, mais un profond réalisme.

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publié par la Fédération interprovinciale du Grand Sud-Ouest de l'A.F. - dans Etudes et documents d'Action française
11 novembre 2007 7 11 /11 /novembre /2007 08:00

Ayant appris avec peine le décès, survenu le 10 novembre 2007 à Paris, de Pierre PUJO, président du Comité directeur de l'Action française, directeur de L'Action Française 2000, les fédérations Aquitaine-Grand Sud-Ouest et Provence de l'A.F. ne trouvent d'hommage plus fervent à sa mémoire que de reproduire ci-dessous, le message qu'il adressait en toute connaissance de cause aux participants à la 2ème journée d'amitié & d'Action française, à Saint-Maximin-la-Sainte-Baume, le 20 octobre dernier, paru dans L'A.F. 2000 n° 2735 du 1er novembre. Plutôt que de gloser sur la "fidélité" ostensiblement affichée des uns et l'hypocrisie pure des autres dans ce tournant tragique de l'histoire de notre Mouvement, nous laissons nos amis juges du caractère de testament politique de ce texte, où il résume l'engagement d'une vie et où il dessine les axes du combat nationaliste, auxquel, pour notre part, nous serons fidèles.

 

"Chers Amis,

 

"C’est avec un profond regret que je dois renoncer à participer cette année au grand rassemblement catholique et royaliste organisé par Gérard et Danièle Pouységur.

 

"L’an dernier, nous nous rencontrions à Cotignac, pèlerinage auquel furent fidèles les Rois de France. Cette année, nous honorons Saint-Maximin et la Sainte-Baume qui évoquent pour nous les premiers apôtres de la Gaule. Haut lieu de la chrétienté qui appartient à notre histoire nationale.

 

"Nous exprimons notre fidélité aux combats du passé. Nous rendons hommage à tous les patriotes dont les mérites et les sacrifices n’ont pas toujours été reconnus au siècle dernier, qu’il s’agisse du maréchal Pétain ou de ceux qui ont lutté jusqu’au bout pour que la province française d’Algérie, – dont nous portons toujours le deuil, – demeure française.

 

"Nous refusons la repentance sur l’œuvre coloniale de la France. Elle a apporté la civilisation à des peuples auxquels elle s’est associée et parfois qu’elle a intégré dans la Communauté nationale.

 

"Ces combats pour la France, nous les poursuivons aujourd’hui, persuadés que l’action d’une minorité dynamique peut changer le cours des choses.

 

"Nous refusons l’intégration de la France dans un Super-Etat européen. Nous voulons qu’elle soit libre et indépendante. Elle a besoin de préserver sa souveraineté pour développer son action dans le monde et soutenir ses amis.

 

"Nous sommes persuadés que la France se relèvera lorsqu’elle aura retrouvé les valeurs qui ont fait sa force dans le passé et qu’elle sera de nouveau fière d’elle-même.

 

"Nicolas Sarkozy veut réformer les institutions ; nous le réclamons aussi mais nous ne voulons pas d’un régime présidentiel ou bonapartiste. Nous voulons que la France retrouve son Roi et sa Monarchie capétienne après tant d’expériences républicaines désastreuses.

 

"Pierre PUJO."

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